Articles

La guerre la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal……

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Guerre_des_tuques

Je reviens de la guerre. De la guerre des mailles entendons-nous… Je ne suis pas de nature violente. (l’Homme dirait le contraire lorsque le chien se sauve avec mes balles de laine….. ,mais ce sera pour une autre histoire).

La guerre dis-je donc. C’est quoi une guerre? Ben, c’est une compétition amicale entre designer de crochet, avec un thème imposé au cours duquel nous devons crée un modèle unique, qui suit le thème et ultra secret. Nous publions toutes en même temps, à une date donnée, les photos sont publiées. Et boom! On s’affronte à grand coup de like, de j’adore et de waou!.

Savez-vous comment je suis quelqu’un de stressée dans la vie? C’est ridicule de se mettre dans des états pareils! Pourquoi je me suis embarquée là-dedans?

Avant d’en arriver au jour de la guerre, je veux le dire. Moi quand je me suis mise sérieusement à crocheter autre que des foulards, j’ai découvert de grandes designers de talent québecoises. Accrochet, Akroche Tatuk, L’amas de laine, La rose du rang, Zone de création MAD et j’en passe. C’était des modèles ces filles-là. Un jour je me suis inscrite dans le collectif Francrochet. Et elles étaient toutes là. TOUTES. J’étais impressionnée quelque chose de rare, j’ai eu des fangirling moment régulièrement. 10 jours après, on annonçait la nouvelle guerre, genre le jour de ma fête. Genre. Moi, me suis dit pourquoi pas tsé… J’avais un patron de publier, *ça va la newbie! * Bref, j’allais affronter les grandes…. Amicalement. Je pense que si je ne le dis pas trop fort, ça paraîtra pas que ça m’impressionne.

Processus de création

J’ai changé environ 186357 fois d’idée. Fait, défait, refait. En boucle pendant 1 mois et demi. Je me suis mise à détester la guerre. L’angoissée que je suis-je me suis plains à tout un chacun, je ne suis pas une vraie designer (bouhou). Je ne suis pas capable (bouhou hou). Je n’y arriverai jamais (bouhou hou hou). Me suis fait brassée par Amé Lee, par ma mère et par l’Homme aussi. C’est pas cool. J’embarquerai pu jamais dans une maudite guerre, j’aime pas ça la guerreuh!

Mais. Parce qu’il y a toujours un mais. J’ai essayé pleins de points diversifiés. J’ai fait des recherches, j’ai étudié des livres. Je me suis donnée, et ça croyez-moi c’était enrichissant. J’ai aussi appris que de crocheter du papier, c’est pas super le fun. J’ai appris que du coton mercerisé qui vient d’on ne sait pas trop, c’est mou. J’ai appris que l’orange-rouge, ce n’est pas ma couleur. VRAIMENT PAS.

Pis un moment donné, je magasinais bien relax (autant une angoissée peut être relax…) dans une grande surface OUI UNE GRANDE SURFACEUH. J’ai vu des minis balles. 50 g., on essaye. Et là, mon modèle (insérez le son des anges ici) s’est créé. Maille par maille, rang pas rang. Ça avait l’air de rien. Je faisais des points sans savoir ce que je faisais. Tsé. Du grand n’importe quoi. (On note ici, que j’ai du filmer ce que je faisais, pour l’envoyé à ma master crochet en lui demandant, qu’est-ce que c’est que je fais?…)

Il y a aussi que pendant je le crochetais, et je l’aimais pas tant. J’avais juste hâte de le finir. Pour en finir avec la c?%$$ de guerre des mailles.

Envoye chez la testeuse secrète. Elle le trouve beau. Ben coudon! Le montre à mon amie Sandra. Qui est en guerre contre moi.(j’ai aucun esprit de compétition…) Elle le trouve beau. Ah bon! Ma mère capote dessus. Mais ma mère… c’est comme les actualités Facebook, peut-on vraiment s’y fier? (No offense maman!)

Je l’ai porté pour je sais pu quelle affaire… (un café crochet jasette je pense bien)…. Les madames le trouvent ben ben beaux. Fait que je commence à y croire aussi.

Il est beau mon sac. Ma saccoche. Il est pratique. Il est logeable. Je pense que c’est facile de le modifier. Abalone… on remerciera Sandra, une fois de plus, pour sa recherche Google pendant que je me plaignais (bou hou hou hou). Abalone est né. (note : abalone veut dire ton de gris…en tout cas, sur les sites de peinture hahaha!)

J’ai fini de le corriger, la veille de la guerre. Je l’ai mis en ligne à 5h le matin, le jour de la guerre. Organisée solide mon affaire.

On est le 10 juin, lancement de la guerre. Ben voyons… si je vends 1 ou 2 patrons, c’est beau. Tsé voir que le monde veut une saccoche en coton. La première journée je regardais les votes environ, aux heures. (Pathétique, l’important c’est de participer…), j’ai partagé le lien, avec TOUS LES GENS que je connais. J’en ai fait rire du monde avec mon ‘’concours de crochet’’. J’ai vraiment fait ce que j’ai pu.

Le lendemain jour 2 de la guerre je me suis levée en me disant que je ne regarderais pas les votes. Je suis une adulte, mature. Je ne suis pas un gros bébé. HAHAHAHAHA , j’ai pas eu besoin mes copines se sont déchaînées pour me dire mes résultats. Top 3. CONTRE LES GRANDES. TOP 3. BEN NON! Y’a une erreur.

Jour 3 , 4,… jusqu’à la fin je vérifie les votes de temps en temps, mais tsé rien d’intense. Et le dimanche c’est la fin. Je fais la grâce matinée, je commence mon futur patron, je relaxe… J’ouvre même pas Facebook! À 12 h 02, les notifications commencent. Mon cellulaire vibre beaucoup. Fin de la guerre. J’ai gagné la guerre.

WTF. J’ai gagné. Moi, petite mini designer insécure, qui fait ça depuis 3 mois. Meuh???

Je ne veux pas me vanter d’avoir gagné. Je l’ai fait dimanche toute la journée à mes proches mouhaahhaah. Je veux juste dire à quel point j’ai reçu une méga grosse dose d’amour. C’est incroyable. Juste du bonheur. Je suis dans la gratitude, la reconnaissance. Je m’en suis remise. C’est fini. Mais à chacun d’entre vous, qui avez pris le temps de me brasser, de m’écouter chialer, à maman qui de son lit n’a JAMAIS arrêter de croire en moi. À mon Homme, qui m’a dit de ne pas abandonner. À Julie. Qui dans toute la tourmente s’est montrée compréhensive de ma situation. Amé Lee, qui a cru en moi en me disant TU ES DESIGNER DÉNIAISE. Et à vous, les abonnés, les maniaques de crochet. Les Inspirés.  Aujourd’hui 3 jours après la guerre, je suis sur mon X. Je sais que je suis une designer compétente et je crois en moi (presque). J’ai réussi. Je l’ai fait.

On s’en reparle en octobre, pour la prochaine guerre? Parce que ben oui je vais le faire c’t’affaire! Je vais chialer tout le long. Ouin pis. Je m’amuse, je crée et C’EST TOUT. Le reste on s’en fout!

Soyez inspirés, toujours

-xx-

Le snobisme chez les artisans fibreux

Mon amie, L’amas de laine, qui répond au nom de Sandra, a écrit un billet aujourd’hui sur le snobisme laineux. Je suis une semi-yarn-snob, je l’avoue. Par contre, je n’ai pas de haine au fibre non-naturelle. Loin de là. Je suis une maman. En bonne maman, ma fille a une des tuques tricoter à la main de maman. EN ACRYLIQUE » je l’ai dit. En acrylique. Parce que croyez-moi, quand votre fille de 6-ans-et-demi, vous ramène des poux. 3 fois en 2 mois. Vous lavez tout TOUT TOUT les vêtements à tous les jours. Est-ce que j’ai le temps de laver à la main, toutes ses tuques/foulards/mitaines/alouette, je ne crois pas!

Pour moi, qui n’a pas eu de poux (jamais), une tuque comme la Camille en mérinos, tout à fait. Mais je suis une adulte (pas selon l’Homme ou ma mère là…mais tel n’est pas le point), je peux me permettre d’avoir une fibre plus naturelle ou luxueuse. Je crois sincèrement que chaque projet à sa fibre et que chaque fibre à son projet. Imagineriez-vous mon Abalone, dans de la merinos single ply, je ne crois pas non!

Bref, aller lire son billet. fait avec un ton humoristique, mais réaliste. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de mauvaise ou de meilleur fibre. il y a de la fibre, pour tous. Sans discrimination.

Sandra mon amie
Le blog de Sandra

N’oubliez pas de vous inscrire à mon info-lettre pour ne rien manquer!

Le design, c’est quoi ?

Le design, par définition c’est discipline visant à une harmonisation de l’environnement humain, depuis la conception des objets usuels jusqu’à l’urbanisme.

C’est la création de quelque chose. Dans le cas d’Inspire Création, c’est la création de patron au crochet, qui mène à un projet fini. Exemple personnelle qui fera rire mes amies L’amas de laine et La rose du rang, je vous raconte comment moi, je fais du design. Moi je vois quelque chose, une couleur ou une texture. Et la je la vois se transformer dans ma tête. Par la suite je la dessine sur un papier (Oui, oui! Sur du papier avec un crayon). 

Ensuite j’essaye. Et je défait. Et je ressaye. Et je redéfait. Ainsi de suite. Ça peut être long des fois. Des fois, je l’ai du premier coup. Et pendant que je joue a fait/défait. Je prends tout en notes. TOUT. Je rature, je recommence, je gribouille, je change des trucs au fur et à mesure. Et bilingue. C’est plus facile pour moi en anglais pour les mailles, mais pour les directives, en français. De toute façon, mon français j’y tient et je me fais un devoir d’écrire dans les 2 langues. Bref. 

J’écris à la main, bilingue, avec un pousse-mine, dans un petit cahier de note 3 sections. (C’est cette partie qui les fait rire).

Bravo Minou, on a un modèle! Pis beau, ma mère me l’a dit! C’est comme ce qu’on trouve sur Facebook ça, c’est sur que c’est vrai. 

Là le fun commence. Vous avez lu ma shit load, ma liste faramineuse de diagnostiques, dont le TDAH….. je ne sais pas compter. Ni écrire. Mon équipe de testeuses (qui vous sera présentée dans un autre article) peuvent en témoigner. Mon dieu, c’est gênant! 

Je prends donc mes notes/gribouillis/cacadedesigner/smoushy/pas claires, et je les transcrits dans un document provisoire. Avec BEAUCOUP de place pour écrire les erreurs. 

Ensuite, le bébé part vers ses matantes testeuses pour se faire câliner. Mes testeuses sont des anges géniales et supportrices de mon travail. Elles révisent, testent, font mon modèle, et le partagent partout. Puis reviennes les commentaires. Que j’écris. À. La. Main. Sur ma copie papier recyclée. (Je suis vraiment technonulle). Je remets en page et je fais ça beau, beau, beau, pour pouvoir le vendre. 

Je le renvoie chez la correctrice, une qui y connaît fuck all, absolument rien en crochet. Qui se concentre sur le français et les erreurs d’inattention. Une autre, se concentre sur la terminologie pour faire sure que je ne dis pas de niaiserie. ( Moi ça, jamais!! Pfff!)

Pendant qu’il passe le test de graduation, je prends les photos avec mon photographe officiel. On fait ça beau, et ça fini avec ma face ou celle de ma BFF comme effigie. 

Boom! Il est prêt, le patron est prêt. On fait de la promo, on partage partout l’ouvrage des testeuses, on tease, agace! On aime ça! Puis, viens le jour ou je le présente au public. 

Ce jour là, si je pouvais, je callerais, prendrais un jour de congé. On se rappelle le trouble anxieux…. j’angoisse je respire pas la première heure, je parle avec une voix vraiment trop aiguë. Ensuite, je ferme tous mes réseaux sociaux. Je me déconnecte. (Je fais de l’évitement). Je me reconnecte le soir pour voir la réception du public. Je ne le fais pas pour eux, mais un peu quand même. C’est partagé comme émotion.

Je le fais pour moi d’abord. Mais j’aime savoir que les gens ont envie de faire mon patron. J’aime savoir que l’hiver prochain je vais voir plein de petite Camille ou Darrin se promener. Un jour, j’aimerais en vivre. Mais pour l’instant, on est loin du compte. Et c’est correct. Je commence. #newbie

Un design, c’est beaucoup de travail, beaucoup d’acharnement, de résilience et d’essais-erreurs, de patience. Mais surtout et avant tout, de la passion. Une grande passion pour les arts textiles et le crochet. 

C’est tellement gratifiant de créer. Tellement enrichissant. Et c’est quand je créer en mou (sans soutien-gorge), dans mon divan, le chien sur les jambes, la fille sur la cuisse, le chum pas trop loin, c’est la que je suis le plus moi-même et que je me sens le mieux. Je suis zen et en paix. 

Alors voilà, le design pour moi, c’est ça 

Soyez inspirés et essayer mes patrons vous me rejoindrez dans ma folie.

-xx-

Est-ce que le crochet est thérapeutique ?

Je m’appelle Valérie.

Le crochet et l’amour ont sauvés ma vie.

Je m’appelle Valérie et je souffre d’une maladie mentale. C’est la mode actuelle. En 2000, les gens avaient mal au dos. En 1990, les gens avaient mal dans leur os. En 2019, les gens ont des maladies mentales.

C’est sérieux la maladie mentale, mais il y a beaucoup de gens ‘’auto-diagnostiqué’’ (merci Google). Il a aussi beaucoup de gens qui croient avoir une maladie mentale qui peut être n’en est pas une.

Je ne suis pas là pour débattre de la pertinence d’un diagnostique ou de l’exagération de la population à s’approprier le mal à la mode.

Je suis ici pour parler de ma maladie mentale. De ma condition à moi. J’ai été diagnostiquée par un médecin et un psychologue spécialisé d’un trouble anxieux généralisé sévère, d’un trouble obsessif compulsif (dermatillomanie). Et je présente beaucoup d’élément de personnalité limite, dépendance et obsessionnelle compulsive. De plus, j’ai un TDAH. À tous les suivis on m’a demandé si j’avais des idées noires ou si je voulais mourir. J’ai toujours répondu non. Je ne peux pas, j’ai ma fille. Elle a besoin de sa maman. On m’a toujours crue.

Quand je l’ai appris en 2018. J’étais surprise, mais pas choquée. J’avais moi aussi fait un tour sur Google dans mes trop nombreuses nuits d’insomnie.

En gros, quand ça va ben, ça va ben en viande à chien. Mais quand ça va mal, ça va mal à en faire mal en dedans des tripes.

Mon mal s’est stabilisé après plusieurs sessions de psychothérapie cognitive (à faire des devoirs à la maison), et de médication. Le problème de la médication s’est qu’il faut faire des essais/erreurs pour trouver la dose qui nous convient. J’ai réussi à retrouver une vie. À rire, à vivre ‘’normalement’’ mes émotions, pas trop fortes, pas trop douce. Juste ce qu’il faut

J’ai fait le tour complet de la variation des émotions et des états d’esprits, pendant le traitement. Je suis allée jouer loin dans mes souvenirs refoulés pour savoir. D’où ça vient. On ne le saura jamais vraiment. Et je ne veux plus le savoir.

J’ai récemment eu une rechute. UNE GROSSE RECHUTE. Depuis quelques mois, je suis de plus en plus yo-yo dans mes émotions. Un rien me fait enrager. Un rien me fait pleurer. On recommence les visites. Le médecin me prescrit un médicament pour le TDAH, me disant que normalement ce médicament devrait m’aider dans le jour. À être focussée, et plus de m’aider à me calmer encore plus étant donné que je serai en contrôle. Alors je me suis mise à ne presque plus dormir. Ou à dormir sous calmants forts. Moins on a de sommeil, moins on va bien. Moins on va bien, plus on craque et quand on craque, on explose.

En une journée, tout le travail fait dans la dernière année, était dans mes larmes, dans mon manque d’air, assise dans ma cuisine par terre, avec mon chien couchée sur moi pour me calmer, mon Homme assis par terre avec moi. À me tenir du mieux qu’il peut. Mais je manque d’air, je me noies. J’étouffe. Je veux que l’air sorte. Je veux revenir parce que j’ai beau paniqué, j’en suis consciente. Je ne peux juste rien y faire. Alors je me marque et me gratte.

Le mot dermatillomanie par définition veut dire : se gratte la peau de façon répétée et souvent jusqu’au sang.

Quand je fais une crise de panique, et que je n’arrive pas à appliquer tout ce que j’ai appris en thérapie, je me mutile. Je me gratte les poumons, pour faire sortir l’air. (ce qui ne marche pas….)je me gratte les mains, les avants bras et les épaules. Je me mutile.

C’est fou. Ce mot pèse lourd dans ma bouche. Je crois même que je ne l’ai jamais dit de vive voix.

Bref.

Je me mutile. Et je me marque. Au moment d’écrire ces lignes, j’ai une main atrophophiée, 3 plaies ouvertes en voie de guérison et une plaie fermée. J’ai une  »égratignure profonde » sur l’avant-bras de près de 3 pouces de long. Fermée aussi. Et j’ai les épaules. J’ai 6-7 plaies, dont une énorme, là où ma bretelle de soutien-gorge passe. J’ai mal à la vie, et j’ai mal physiquement.

Quand je me gratte, je ne m’en rends pas compte. Alors je peux gratter longtemps. C’est quelques heures après quand les plaies commencent leurs processus… là, j’ai honte.

Pourquoi le crochet aurait-il sauver ma vie, si depuis 2012 je crochète?

Parce que malgré les calmants, malgré la thérapie, malgré tous. J’ai besoin de plus. Pour empêcher la mutilation d’arriver. Généralement, j’y arrive. J’occupe mes mains en crochetant. Et des fois, non.

Le crochet a sauvé ma vie dans la dernière année car dans la dernière année, j’ai trouvé le courage que je ne savais pas que j’avais en moi pour monter cette toute petite entreprise de design de crochet, je me suis fait un réseau. J’ai publié à ce jour 3 patrons, qui se sont vendus et pas juste à ma mère ou mon père. J’ai développé des amitiés que je n’aurais pas cru possible. Et ça me botte le derrière à vouloir devenir meilleure de jour en jour. Le crochet pour moi, c’est plus qu’une passion. C’est un mode de vie.

L’amour a sauvé ma vie. Si ce n’était pas de l’amour inconditionnel que l’Homme et de ma fille, je ne serais plus là. L’Homme qui est resté des nuits avec moi juste à me tenir. Qui s’est fait réveiller souvent pour rien. L’Homme qui a pris le temps de me prendre dans ses bras le temps que la tempête passe. Il est resté dans les ouragans, et il reste toujours. Il m’aime malgré tout, comme je suis. Aimer quelqu’un de malade c’est difficile. Et il est là. C’est mon roc sur lequel je me fracasse. Mon pilier sur lequel je m’appuie. Et le coup de pied au cul que je n’ai pas là force de me donner.

Aujourd’hui, quand on me demande si j’ai des idées noires, je réponds non. Mais j’explique aussi que oui, je me demande ce que la vie serait pour mes proches si je n’étais pas là comme un fardeau sur leur tête. Oui. Je me pose la question si ma fille ne serait pas mieux sans moi. Avoir une enfance normale, avec une maman qui joue, qui fait des activités, qui ne porte pas de casque anti-bruit à l’épicerie. Puis je me rappelle que lorsqu’elle a un cauchemar ou un bobo, c’est dans mes bras meurtries qu’elle vient se sécuriser. Je me souviens que c’est à moi la première à qui elle raconte ses aventures de toupies Bey Blade. C’est dans mon lit qu’elle vient se coller pour lire les Astérix de Papy. Juste parce qu’elle ne veut pas que je sois seule. Pour que j’aille mieux. Et je me dis que oui. Je dois continuer de me battre tous les jours, pour elle, pour l’Homme qui lâche ses games d’ordi pour venir me serrer la main pour m’empêcher de me gratter.

À tous ceux et celles qui croient être seuls au monde avec les démons qu’il y a dans leurs têtes, vous n’êtes pas seuls. Je suis là.

À tous ceux et celles qui m’ont dit que je n’arriverais à rien, parce que de me lever le matin me demande un effort surhumain (pas que je suis paresseuse… un peu, mais parce que j’ai peur de ce qui se trouve l’autre côté de ma porte de chambre), je vous emmerde. Je suis propriétaire d’une entreprise et j’ai un travail valorisant à temps plein pour une grosse organisation. J’ai une maison, 2 chiens, un Homme et une fille.

À tous ceux et celles qui ont besoin d’aide, appeler un ami, de la famille, les services de gestions de crises. Ils sont là, en place, pour nous. Pour qu’on s’en sorte.

À vous madame, qui aujourd’hui m’avez regardé acheter de la laine avec du dégoût dans les yeux en voyant mes mains arrachées et à vif. Vous qui m’avez fait pleurer de honte dans ma voiture et jusqu’à la maison. Vous, qui avez dit à la caissière que vous aviez mis des balles de laines dans un chariot, en tenant votre mouchoir, parce que vous pensez que je les ai contaminés. Aller ch… non, ca ne servirait à rien. Trouvez plutôt en vous la lumière. La lumière qui vous fera accepter les autres comme ils sont avec leurs forces et leurs faiblesses.

Prenez un crochet, prenez de la laine. Et faîtes des kilomètres de chaînettes. Vos mains seront occupées, votre cerveau sera concentré à passer le maudit crochet dans le maudit trou. Puis, un jour vous essayerai de faire un foulard, puis une tuque. Et vous vous direz, mes mains sont occupées. Mon esprit est concentré. Et vous saurez que vous aurez un bon bout de chemin de fait.

Vous ne serez pas guéris. Vous serez sur la voie. Et ça, c’est la vie.

Valérie

xx